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Les Jours fragiles

Les Jours fragiles

par Philippe Besson 2004 188 pages
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Plot Summary

Hommes en fuite, femmes enracinées

Les hommes partent, les femmes restent

Dans la famille Rimbaud, les hommes sont voués à l'errance, à l'abandon, tandis que les femmes demeurent, attachées à la terre ardennaise. Isabelle, la narratrice, observe ce schéma familial : son père, militaire absent, a laissé derrière lui une femme et des enfants, ne léguant que ses yeux bleus. Arthur, son frère, a fui très jeune, happé par le désir d'ailleurs, d'aventure, d'émancipation. Frédéric, l'aîné, s'est éloigné à cause d'un mariage mal vu. Les femmes, elles, restent, gèrent la ferme, supportent le silence et la solitude, tissent la mémoire familiale. Ce contraste entre fuite masculine et enracinement féminin façonne le destin de chacun, instillant une mélancolie sourde et une résignation dans le cœur de celles qui attendent.

Le retour d'Arthur, l'ombre du mal

Arthur revient, malade et distant

Après des années d'absence en Afrique, Arthur revient en France, non par désir de retrouvailles, mais pour se soigner. Son état inquiète : une douleur au genou, incomprise et persistante, rappelle la maladie qui a emporté leur sœur Vitalie. L'angoisse d'une malédiction familiale plane. Isabelle, restée à la ferme, espère en vain une guérison, tout en pressentant que ce retour n'est qu'un sursis. L'exil d'Arthur, son détachement, laissent les femmes dans l'attente, oscillant entre espoir et fatalisme. Le retour du frère n'efface ni les années de silence ni la distance émotionnelle creusée par l'absence.

L'attente, la douleur, la mémoire

L'attente pèse, la mémoire s'éveille

Isabelle tient un journal, cherchant à fixer les jours, à retenir les souvenirs. L'annonce de l'amputation d'Arthur la bouleverse, ravivant la peur de la perte. Elle se remémore les fugues de son frère, ses retours épisodiques, la légèreté de l'enfance, les étés rares où il participait à la moisson. Les souvenirs deviennent un refuge contre l'angoisse du présent. La mémoire familiale, faite de silences, de non-dits, de dessins et de photos jaunies, s'impose comme un rempart fragile face à la douleur et à la solitude qui s'installent.

L'amputation, la perte de soi

L'amputation marque la fin d'un monde

À Marseille, Arthur subit l'amputation de sa jambe, acte brutal qui le prive de sa liberté, de sa capacité à fuir, à marcher vers l'ailleurs. Pour lui, qui a toujours cherché le mouvement, c'est une mutilation de l'âme autant que du corps. Isabelle, impuissante, ressent la violence de cette perte, la fin des périples, la condamnation à l'immobilité. L'amputation symbolise la rupture définitive avec le passé, l'enfance, l'illusion de l'invincibilité. Elle marque le début d'une lente agonie, d'un retour forcé vers la famille et la terre natale, que l'on n'a jamais vraiment quittée.

Prières, souvenirs et solitude

La prière comme dernier recours

Face à la souffrance de son frère, Isabelle se tourne vers la prière, espérant un miracle, une rémission. Elle s'accroche à la foi, à la tradition, à la mémoire de ceux qui sont partis. La solitude s'intensifie, la ferme devient un lieu de labeur épuisant et de veille anxieuse. Les gestes quotidiens, les visites de la voisine Sidonie, la gestion de la maison rythment des journées vides, hantées par l'absence et la peur de la mort. La prière devient un dialogue silencieux avec Dieu, une tentative de conjurer le sort, de trouver du sens dans l'épreuve.

La ferme, le fardeau des femmes

Le poids du quotidien, la fatigue

Isabelle, seule à la ferme, s'épuise à la tâche. La maladie d'Arthur, l'absence de la mère, la rudesse du climat ardennais, tout concourt à l'accablement. La fatigue physique se double d'une lassitude morale, d'un sentiment d'abandon. Les femmes, dans ce monde rural, portent le fardeau du travail, du silence, de la transmission. Elles sont les gardiennes d'une mémoire, d'une dignité, mais aussi d'une résignation qui les condamne à l'effacement. La maladie d'Isabelle, sa fièvre, symbolisent l'usure de ces vies sacrifiées à l'attente et au devoir.

Frères, sœurs, et silences

Des liens brisés, des secrets

Les relations familiales sont marquées par l'incompréhension, les rancœurs, les silences. Arthur et la mère ne se comprennent pas, s'affrontent sans jamais se réconcilier. Isabelle, médiatrice impuissante, tente de préserver l'unité, de consoler, de comprendre. Les souvenirs d'enfance, les photos, les dessins, les confidences tardives révèlent des blessures anciennes, des secrets tus. La famille, disloquée, ne parvient pas à se retrouver, à se dire l'essentiel. Les silences deviennent des murs infranchissables, des fossés creusés par le temps et la douleur.

L'exil, la maladie, la famille

L'exil comme fuite et malédiction

Arthur, marqué par l'exil, n'a jamais trouvé sa place, ni en Afrique, ni en France. Sa maladie, perçue comme une punition, l'isole davantage. Les démarches administratives, les menaces de l'armée, les visites des voisins, tout rappelle l'étrangeté de son retour. La famille, déjà fragilisée, vacille sous le poids des épreuves. Isabelle, déchirée entre compassion et jalousie, tente de préserver ce qui peut l'être, mais sent que tout lui échappe. L'exil d'Arthur devient le symbole d'une impossibilité à appartenir, à se réconcilier avec soi-même et les siens.

L'Afrique, le soleil perdu

L'Afrique, mirage et enfer

Les récits d'Arthur sur l'Afrique, ses souvenirs de chaleur, de lumière, de solitude, contrastent avec la grisaille des Ardennes. L'Afrique incarne à la fois le rêve d'absolu, la quête de liberté, et le lieu du malheur, de la maladie, de l'échec. Les objets rapportés, les parfums, les étoffes, sont autant de reliques d'un paradis perdu, d'un ailleurs inaccessible. Mais l'Afrique est aussi le lieu de la déchéance, de la souffrance, de l'aliénation. Le soleil, tant recherché, s'est transformé en brûlure, en malédiction, en exil définitif.

Les confessions, la honte, l'amour

Confessions douloureuses, amour interdit

Dans la proximité de la maladie, Arthur se confie à Isabelle : ses amours, ses humiliations, ses désirs, ses hontes. Il évoque les violences subies, ses attirances pour les hommes, l'amour pour Djami, la difficulté à s'accepter. Isabelle, déstabilisée, oscille entre compassion, incompréhension et devoir de silence. Ces confessions, lourdes à porter, deviennent un legs, un fardeau transmis à la sœur, qui devra trier, censurer, protéger la mémoire familiale. L'amour, sous toutes ses formes, apparaît comme une force destructrice et salvatrice, source de souffrance et de rédemption.

La mort qui approche

L'agonie, la perte, l'attente

La maladie progresse, Arthur s'affaiblit, perd l'usage de ses membres, sombre dans la fièvre et la confusion. Les soins, les visites, les gestes quotidiens deviennent des rituels d'accompagnement vers la mort. Isabelle, épuisée, oscille entre espoir et résignation, entre colère et tendresse. La mère, distante, refuse de venir, s'enferme dans le silence. La mort, omniprésente, devient une délivrance attendue, redoutée, inéluctable. L'agonie d'Arthur est celle d'un homme qui a tout perdu, sauf la fierté et le désir de lumière.

Le dernier voyage

Le départ, l'adieu, la fuite ultime

Arthur décide de quitter la ferme, de retourner à Marseille, puis en Afrique, malgré l'avis de tous. Isabelle l'accompagne dans ce dernier voyage, marqué par la douleur, les retards, les obstacles. Le trajet en train, l'arrivée à Marseille, l'entrée à l'hôpital, tout prend l'allure d'un convoi funèbre. Le départ est un arrachement, un adieu à la terre natale, à la famille, à la vie elle-même. Ce dernier voyage scelle le destin d'un homme qui n'a jamais su s'arrêter, qui meurt en exilé, en étranger partout.

Marseille, l'agonie, la fin

L'agonie à l'hôpital, la mort

À Marseille, Arthur s'enfonce dans la maladie, la douleur, la paralysie. Les médecins, impuissants, annoncent la fin prochaine. Isabelle veille, soigne, assiste à la déchéance de son frère, à la perte de la raison, à la disparition progressive de l'homme qu'il fut. Les derniers jours sont marqués par la souffrance, les hallucinations, les confessions ultimes, la conversion religieuse, peut-être feinte. La mort survient, discrète, attendue, mettant fin à une existence de lutte, de fuite, de quête inassouvie. Isabelle, dévastée, doit affronter le vide laissé par ce départ.

Le retour du corps

Le corps d'Arthur revient chez lui

Le corps d'Arthur est rapatrié dans les Ardennes. Isabelle accompagne le cercueil, traverse la France, affronte l'indifférence des vivants, la froideur de la mère. Le retour du mort est un événement silencieux, presque clandestin. La mère refuse toute publicité, tout partage du deuil. L'enterrement se fait dans la solitude, la discrétion, le refus de la communauté. Le retour du corps marque la fin d'un cycle, la clôture d'une histoire familiale marquée par l'exil, la honte, le silence.

L'enterrement, la solitude

L'enterrement, l'exclusion, le silence

L'enterrement d'Arthur se déroule dans l'indifférence générale, sans amis, sans famille élargie, sans reconnaissance. La mère, inflexible, impose le silence, l'oubli, la honte. Isabelle, seule, accompagne son frère jusqu'à la tombe, ressentant l'injustice de ce délaissement, la cruauté de la société, la violence du rejet. La pluie, le froid, la terre ardennaise referment le destin d'un homme qui n'a jamais trouvé sa place. L'enterrement devient le symbole de l'exclusion, de la solitude, de l'impossibilité de réconciliation.

Survivre à l'absence

Vivre après la mort, porter le deuil

Après la mort d'Arthur, Isabelle doit survivre à l'absence, affronter la solitude, le vide, le chagrin. Elle s'interroge sur le sens de la vie, sur la mémoire, sur la transmission. La mère, murée dans le silence, refuse le deuil partagé. Isabelle, hantée par les souvenirs, par la figure du frère, tente de trouver un apaisement, une forme de résilience. Le deuil devient un travail de mémoire, une lutte contre l'oubli, une tentative de sauver ce qui peut l'être de la vie, de l'amour, de la lumière.

Héritage, mémoire, oubli

Que reste-t-il, que transmettre ?

Isabelle, dépositaire des secrets, des souvenirs, des confessions, doit choisir ce qu'elle transmettra, ce qu'elle effacera. L'héritage d'Arthur, fait de poésie, de scandale, de souffrance, de lumière, est à la fois un fardeau et une richesse. La mémoire familiale, marquée par le silence, la honte, la solitude, risque de sombrer dans l'oubli. Isabelle s'interroge sur le sens de la vérité, sur le devoir de protéger ou de révéler, sur la possibilité de rédemption. L'histoire se termine sur une interrogation : que reste-t-il d'un homme, sinon la trace fragile laissée dans le cœur de ceux qui l'ont aimé ?

Characters

Isabelle Rimbaud

Gardienne du foyer, mémoire vivante

Isabelle est la sœur d'Arthur, narratrice du roman, figure centrale de la famille restée au pays. Elle incarne la fidélité, la résignation, la force silencieuse des femmes rurales. Son existence est marquée par l'attente, le travail, le silence imposé par la mère, la gestion de la ferme. Psychologiquement, elle oscille entre douceur et dureté, compassion et jalousie, foi et doute. Son rapport à Arthur est complexe : mélange d'admiration, de protection, de frustration et de tendresse. Elle porte le fardeau des secrets familiaux, des confessions de son frère, et se retrouve dépositaire d'une mémoire qu'elle doit trier, censurer, transmettre ou taire. Son évolution la mène de l'effacement à une forme de lucidité douloureuse, consciente de la fragilité de la vie et de la nécessité de survivre à l'absence.

Arthur Rimbaud

Poète maudit, exilé, frère blessé

Arthur est le centre de gravité du récit, à la fois absent et omniprésent. Génie précoce, poète fulgurant, il a fui très jeune la famille, la province, la médiocrité, pour chercher ailleurs la lumière, l'absolu, l'aventure. Son exil en Afrique, ses amours, ses échecs, sa maladie, font de lui une figure tragique, déchirée entre désir de liberté et impossibilité d'appartenance. Psychologiquement, il est complexe : orgueilleux, rebelle, secret, tourmenté par la honte, la culpabilité, le besoin d'amour et la peur de l'attachement. Sa relation avec Isabelle est ambivalente, faite de tendresse, de cruauté, de confidences et de silences. Sa fin, marquée par la souffrance, la dépendance, la confession, le retour forcé, scelle le destin d'un homme qui n'a jamais su s'arrêter, ni se réconcilier avec lui-même.

La mère (Mme Rimbaud)

Matriarche autoritaire, figure du silence

Mère d'Arthur, d'Isabelle et de Frédéric, elle règne sur la famille par la force, la réserve, la dureté. Son autorité, son mutisme, sa capacité à endurer les épreuves font d'elle une figure à la fois admirable et terrifiante. Elle incarne la tradition, la morale, la religion, mais aussi la froideur, l'incapacité à exprimer l'amour, le refus de la faiblesse. Sa relation avec Arthur est conflictuelle, marquée par l'incompréhension, la déception, la honte. Avec Isabelle, elle impose le silence, la discipline, la résignation. Psychologiquement, elle est figée dans le deuil, la rancœur, l'orgueil, incapable de pardonner ou de consoler. Son évolution est celle d'un repli sur soi, d'un refus du deuil partagé, d'une solitude glaciale.

Frédéric Rimbaud

Frère banni, figure absente

Frédéric, l'aîné, est le frère éloigné, banni par la mère pour un mariage jugé indigne. Il incarne la rupture, l'exclusion, la blessure familiale. Sa présence est surtout fantomatique, rappelant la difficulté à maintenir les liens, la violence des jugements maternels, l'impossibilité de la réconciliation. Il symbolise la part manquante de la famille, le regret, l'échec du clan à se rassembler face à l'épreuve.

Vitalie Rimbaud

Sœur disparue, lumière éteinte

Vitalie, morte jeune, hante la mémoire familiale. Elle incarne l'innocence, la beauté, la fragilité, la perte irréparable. Sa mort, due à une maladie similaire à celle d'Arthur, est vécue comme une malédiction, un traumatisme fondateur. Elle est le point de référence, la figure idéalisée, celle qui éclaire le passé et dont l'absence pèse sur les survivants.

Sidonie Albinier

Voisine solidaire, témoin silencieuse

Sidonie est la voisine veuve, figure de la compassion, de la discrétion, de la fidélité au deuil. Elle incarne la solidarité féminine, la mémoire partagée, la dignité dans la douleur. Sa présence, bienveillante mais distante, offre à Isabelle un miroir de sa propre solitude, une forme de réconfort muet, une leçon de résilience.

Augustin Bernard

Ami d'Afrique, témoin du passé

Augustin Bernard, commerçant à Aden, représente le lien d'Arthur avec l'Afrique, le passé d'aventurier, la vie d'exil. Sa visite à l'hôpital confronte Isabelle à la multiplicité des visages de son frère, à la difficulté de concilier le poète, le marchand, le malade. Il incarne la nostalgie, le regret, la reconnaissance d'une grandeur disparue.

Djami

Amour secret, espoir perdu

Djami, jeune Abyssinien, est l'objet d'un amour profond et silencieux d'Arthur. Il incarne la possibilité d'un bonheur, d'une rédemption, d'une tendresse inédite. Sa présence dans les souvenirs d'Arthur révèle la dimension universelle du désir, la difficulté à s'accepter, la force des liens qui transcendent les frontières et les préjugés. Il est le symbole d'un espoir brisé, d'un amour impossible à vivre au grand jour.

Le père (Capitaine Rimbaud)

Absent fondateur, héritage du départ

Le père, militaire, est une figure absente mais déterminante. Son départ, son indifférence, son errance ont marqué la famille, transmis le goût de la fuite, du détachement, de l'inaccessibilité. Il est à l'origine du schéma familial, du manque, du besoin d'ailleurs. Son souvenir, réduit à quelques traits physiques, hante les enfants, façonne leur rapport à l'autorité, à l'amour, à la fidélité.

Le docteur Beaudier

Médecin compatissant, témoin de la fin

Le docteur Beaudier, médecin de campagne, accompagne la maladie d'Arthur avec humanité, lucidité, impuissance. Il incarne la limite de la science, la compassion, la vérité crue. Sa présence rassure Isabelle, mais souligne aussi l'inéluctabilité de la mort, la fragilité de la vie, la nécessité d'accepter l'échec face à la maladie.

Plot Devices

Journal intime, voix féminine, alternance passé-présent

Le récit se construit comme un journal intime, écrit par Isabelle, qui mêle l'observation du présent à la remémoration du passé

Cette structure permet une immersion dans la subjectivité, la sensibilité, la mémoire, la douleur de la narratrice. La voix féminine, rare dans la littérature sur Rimbaud, offre un contrepoint à la figure du poète, éclaire les non-dits, les silences, les blessures familiales. L'alternance entre souvenirs d'enfance, récits d'exil, descriptions du quotidien, confessions, et réflexions sur la mort, crée une tension narrative, un effet de balancier entre espoir et désespoir. Le roman use de la récurrence des motifs (la fuite, la maladie, le silence, la lumière, l'Afrique, la prière), du foreshadowing (présages de mort, allusions à la fin), et de la fragmentation (lettres, dessins, photos, objets) pour tisser une trame dense, émotive, où chaque détail résonne comme un écho du destin familial.

Analysis

Les Jours fragiles de Philippe Besson est une méditation poignante sur la famille, l'exil, la maladie, et la mémoire, à travers le regard d'Isabelle Rimbaud, sœur du poète

Le roman interroge la difficulté d'aimer, de comprendre, de pardonner, dans un monde où les hommes fuient et les femmes restent, où le silence pèse plus que les mots. Il met en lumière la fragilité des liens, la violence des secrets, la nécessité de trier, de censurer, de protéger la mémoire des siens. À travers la lente agonie d'Arthur, c'est la question du sens de la vie, de la transmission, de la rédemption qui se pose. L'œuvre invite à réfléchir sur la place de l'individu dans la famille, sur le poids du passé, sur la possibilité de survivre à l'absence, sur la force de la résilience féminine. Elle rappelle que la vérité est toujours partielle, que l'héritage est un choix, que la lumière peut surgir même dans les jours les plus sombres.

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Avis

3.38 sur 5
Moyenne de 346 évaluations de Goodreads et Amazon.

Les Jours fragiles receives mixed reviews averaging 3.38/5 stars. Readers appreciate Philippe Besson's poetic, fluid writing style and his portrayal of Arthur Rimbaud's final months through his sister Isabelle's perspective. Many find the novel moving and emotionally powerful, praising its delicate depiction of familial relationships and mortality. However, critics note the slow pace, limited action, and Isabelle's near-total focus on her brother makes her character feel one-dimensional. Some readers felt emotionally distant despite the tragic subject matter, while others wished for more information about Rimbaud's earlier life and poetry career.

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À propos de l'auteur

Philippe Besson began his literary career in 1999 while working as a jurist, inspired by WWI servicemen's accounts to write his debut novel, In the Absence of Men, which won the Emmanuel-Roblès prize. His second novel, L'Arrière-saison (2002), earned the Grand Prix RTL-Lire 2003, and Un garçon d'Italie received nominations for France's prestigious Goncourt and Médicis prizes. Following this success, Besson dedicated himself exclusively to writing. His work is characterized by fluid, sensitive prose exploring themes of absence, loss, grief, and human emotions with simplicity and subtlety.

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