Points clés
1. La parole : un levier de transformation personnelle et sociale.
J’ai mesuré la puissance de la parole que j’avais apprivoisée pour montrer enfin qui j’étais.
Un parcours initiatique. L'auteur, Stéphane de Freitas, partage son cheminement personnel, marqué par des difficultés scolaires et un sentiment d'exclusion lié à son langage de "banlieusard" lorsqu'il a déménagé de Seine-Saint-Denis à l'Ouest parisien. Une humiliation en cours de mathématiques a été le déclencheur d'une prise de conscience : la maîtrise des mots est essentielle pour la construction personnelle et la confiance en soi. Il a alors entrepris un travail acharné sur son élocution, sa lecture et sa culture générale.
De l'exclusion à l'intégration. Ce travail sur la parole, nourri par des cours de théâtre, de rhétorique et la lecture de philosophes comme Platon et Cicéron, lui a permis de transformer sa trajectoire. Il a découvert que l'éloquence n'est pas innée mais s'acquiert par la pratique et la volonté, comme Démosthène, bègue, l'a démontré. Cette transformation l'a mené à remporter un concours d'éloquence à l'ESSEC, prouvant que la parole, qui l'avait autrefois exclu, pouvait désormais l'intégrer pleinement.
Un enjeu sociétal. Fort de cette expérience, Stéphane de Freitas a compris que la parole est un facteur d'inclusion et un outil indispensable pour le dialogue dans une société plurielle. Face à la crispation du dialogue social et à la montée des préjugés, il a milité pour une éducation à la prise de parole, non pas pour "toujours avoir raison", mais pour s'affirmer, se comprendre et se relier aux autres. C'est de cette conviction qu'est née la pédagogie "Porter sa voix".
2. La pédagogie "Porter sa voix" : l'authenticité avant la technique.
L’objectif de la prise de parole éducative, c’est avant tout d’aider chaque personne à « porter sa voix », sa propre voix.
Au-delà de l'art oratoire. La pédagogie "Porter sa voix" se distingue des approches traditionnelles de la rhétorique ou de l'art oratoire, qui se concentrent souvent sur des "techniques" pour "séduire" ou "convaincre". Pour l'auteur, l'éloquence véritable ne réside pas dans des artifices, mais dans l'authenticité et la congruence de l'orateur. Il s'agit de trouver les mots qui correspondent à ce que l'on ressent profondément, d'exprimer sa "propre voix".
La congruence, clé de l'éloquence. Le concept central est la "congruence" : la cohérence entre ce que l'on ressent, ce que l'on pense et ce que l'on affirme. C'est lorsque ces trois éléments sont alignés que la parole devient puissante et touche l'auditoire. L'éloquence n'est pas une science, mais un "état de grâce" où l'orateur et le public vibrent ensemble. Tenter de manipuler ou de tricher avec des effets de manche brise cette congruence et rend le discours artificiel.
Un manifeste pédagogique. Ce livre est un manifeste pour une prise de parole éducative, visant à développer la confiance en soi et le rapport aux autres. Il s'adresse à tous, des enfants aux adultes, managers ou amis, pour qu'ils n'aient plus jamais honte de s'exprimer. La méthode est organique et évolutive, s'adaptant aux besoins de chaque groupe, mais toujours centrée sur la révélation de soi à travers la parole.
3. L'intelligence émotionnelle et sociale : fondement de la prise de parole éducative.
L’intelligence émotionnelle, c’est donc notre capacité à identifier, comprendre et formuler nos émotions.
Le savoir-être, un enjeu crucial. L'école traditionnelle se concentre sur le "savoir" (connaissances) et le "savoir-faire" (compétences techniques), mais néglige souvent le "savoir-être". Or, dans un monde interconnecté et en constante mutation, la capacité à comprendre et gérer ses émotions, ainsi qu'à interagir efficacement avec les autres, est devenue primordiale. La prise de parole éducative vise précisément à combler ce manque en développant l'intelligence émotionnelle et sociale.
Développer l'intelligence émotionnelle. Inspirée par les travaux de psychologues comme Daniel Goleman, cette pédagogie met l'accent sur la capacité à :
- Identifier et comprendre ses propres émotions.
- Les formuler clairement par la parole.
- Les réguler chez soi et chez les autres (maîtrise de soi et empathie).
Des exemples comme l'utilisation du "crocodile en peluche" dans certaines écoles alternatives montrent comment les enfants peuvent apprendre à exprimer leurs émotions négatives de manière constructive, désamorçant ainsi les conflits potentiels.
Un impact sur la réussite et le vivre-ensemble. L'intelligence émotionnelle est un facteur déterminant de réussite, bien au-delà du quotient intellectuel. Mais surtout, elle est essentielle pour le "vivre-ensemble" dans des sociétés pluriculturelles. En apprenant à formuler ses opinions et à respecter celles d'autrui dès le plus jeune âge, on construit des générations plus empathiques, capables de dialoguer intelligemment et de co-construire un avenir commun, loin des clashs et des replis communautaires.
4. Le groupe : un miroir bienveillant pour l'affirmation de soi.
Le collectif fonctionne comme un miroir qui pousse l’individu à se questionner sur ses opinions et ses émotions ; en s’ouvrant aux autres, il se révèle d’abord à lui-même.
La reliance avec autrui. La prise de parole éducative est intrinsèquement collective. Elle se pratique idéalement en groupe de 12 à 18 personnes, car le collectif est un catalyseur indispensable à la transformation individuelle. C'est dans l'interaction avec les autres que l'individu se découvre, se questionne et gagne en confiance. Le groupe agit comme un "miroir" qui renvoie à chacun une image de soi, permettant de prendre conscience de ses forces et de ses faiblesses.
Un espace de soutien et d'émulation. Contrairement à un environnement compétitif, le groupe est ici un espace de soutien et de bienveillance. Les participants sont encouragés à s'ouvrir, à partager leurs émotions et leurs opinions sans crainte du jugement. La "culture du retour constructif" (feedback) est primordiale : après chaque intervention, les pairs offrent des remarques et des conseils, aidant l'orateur à progresser. Cette dynamique collective favorise :
- La découverte de soi et de nouvelles facettes de sa personnalité.
- Le développement de l'empathie envers les autres.
- La cohésion du groupe et le tissage de liens.
Dépasser les inhibitions. Pour les personnes manquant d'assurance, le groupe offre un cadre sécurisant pour dépasser les peurs et les inhibitions. Les exercices ludiques et la bienveillance collective permettent de "déprogrammer" les mauvaises habitudes et les complexes. L'expérience montre que même les plus timides finissent par s'ouvrir et s'affirmer, réalisant que la parole est un outil puissant pour exister et se connecter aux autres.
5. Les trois piliers du dialogue constructif : respect, écoute active, bienveillance.
Le formateur et chaque membre du groupe s’engagent à écouter activement ceux qui s’expriment ; activement, c’est-à-dire sans couper la parole et en privilégiant le questionnement pour faire avancer la réflexion.
Un cadre de valeurs non négociable. Pour qu'un atelier de prise de parole éducative soit efficace, il est fondamental d'établir et de faire adhérer le groupe à un cadre de valeurs explicite. Ces trois piliers sont le respect, l'écoute active et la bienveillance. Sans ces principes, la confiance nécessaire à l'ouverture et au partage ne peut s'installer, et le dialogue risque de dégénérer en confrontation stérile.
Le respect mutuel. Le respect va au-delà de la simple politesse. Il implique une considération profonde pour les opinions d'autrui, même si elles sont différentes ou provocatrices. Le formateur doit incarner cette posture, en se mettant au niveau des élèves et en bannissant tout jugement de valeur. En cas de propos agressifs ou irrespectueux, il est impératif d'intervenir pour rappeler les règles, transformant la critique en questionnement constructif ("Explique-moi pourquoi tu penses cela").
L'écoute active. L'écoute active est la capacité à prêter une attention totale à l'orateur, sans couper la parole, en cherchant à comprendre le sens profond de ses propos. Elle est essentielle pour :
- Saisir toutes les nuances du discours.
- Faire preuve de discernement et ne pas être manipulé.
- Permettre à l'orateur de se sentir légitime et considéré.
Des exercices comme "L'expérience de la non-écoute" démontrent l'importance de cette pratique en faisant ressentir la frustration de ne pas être entendu. La méditation et la respiration abdominale sont des outils pour développer cette concentration.
La bienveillance. La bienveillance est l'amour de la transmission et le plaisir d'échanger. Elle se manifeste par des encouragements, des conseils constructifs et une attitude positive du formateur, qui se transmet au groupe. Elle permet de désamorcer les conflits et de créer un climat où chacun se sent en sécurité pour se livrer. Comme le disait Marshall Rosenberg, la communication non violente, fondée sur la bienveillance, est essentielle pour se relier aux autres et résoudre les problèmes interpersonnels.
6. Six axes pour une parole incarnée : de l'introspection à la maîtrise.
Le but, c’est qu’ils parviennent à s’exprimer tout en restant en congruence, au sein d’un groupe bienveillant, enrichi par les connaissances de chacun et qui permet à tous ses membres de développer leur esprit critique.
Un développement holistique. La pédagogie "Porter sa voix" s'articule autour de six axes de travail complémentaires, visant un développement complet de l'individu. Ces axes sont abordés à travers les différentes matières du programme (rhétorique, expression scénique, technique vocale, slam, aspiration professionnelle) et sont interdépendants.
Les six axes de travail :
- L'introspection : Se connaître soi-même, comprendre ses émotions, ses motivations et ses aspirations. Cela passe par la réflexion sur ses propres réactions et l'écoute des impressions des autres.
- L'esprit critique : Développer la capacité à penser par soi-même, à questionner les informations, à discerner les arguments fallacieux et à nuancer ses opinions, en s'appuyant sur la maïeutique socratique.
- La structuration du propos : Apprendre à organiser sa pensée de manière logique et cohérente, que ce soit pour un discours préparé ou une improvisation, en utilisant des plans clairs et des transitions fluides.
- La mobilisation des connaissances : Rechercher, assimiler et utiliser des informations pertinentes (faits, chiffres, citations, exemples) pour étayer ses arguments et enrichir son discours.
- La créativité : Explorer différentes formes d'expression (artistiques, humoristiques) pour imager son propos, repousser ses limites et se désinhiber, en stimulant l'hémisphère droit du cerveau.
- La maîtrise du corps et de la voix : Apprivoiser son instrument vocal, gérer sa respiration, sa posture, son regard et sa gestuelle pour que le corps soit en harmonie avec le message et renforce l'authenticité de la parole.
Un cheminement continu. Ces axes ne sont pas des compétences acquises une fois pour toutes, mais un cheminement continu. La pratique régulière et les retours du groupe permettent à chacun de progresser, de gagner en confiance et de s'affirmer pleinement.
7. La rhétorique : structurer la pensée pour mieux convaincre.
La rhétorique, c’est donc l’art de structurer un minimum son propos au sein d’un discours pour optimiser les chances qu’il soit éloquent.
L'art de bien parler et de persuader. La rhétorique est une discipline fondamentale de la prise de parole éducative. Elle enseigne non seulement l'art de bien s'exprimer, mais aussi les techniques pour organiser sa pensée, persuader et convaincre. Loin d'être un ensemble de codes rigides, elle est un outil au service de l'argumentation et de la personnalité de l'orateur.
Les piliers du discours classique. La structure classique du discours, héritée de l'Antiquité, est un modèle efficace pour la plupart des interventions orales. Elle se compose de trois parties principales :
- L'introduction (15% du discours) :
- L'exorde : accrocher l'auditoire (ex abrupto, a minima, captatio benevolentiae, officiel, littéraire/storytelling).
- L'énonciation du sujet : présenter clairement le thème et la thèse défendue.
- Le sommaire (optionnel) : annoncer les grandes lignes du discours.
- L'argumentation (70% du discours) :
- La narration : contextualiser le sujet.
- La confirmation : développer 2-3 idées principales, chacune étayée par 2-3 arguments et des exemples pertinents (logos, ethos, pathos).
- La réfutation : anticiper et critiquer les objections adverses.
- La conclusion (15% du discours) :
- Le rappel de la position : synthétiser les idées clés.
- La morale (optionnelle) : tirer une leçon.
- La dernière phrase : marquer les esprits (mobiliser, ouvrir, punchline).
Au-delà du classique. D'autres structures existent, comme le plan "5 W" (quoi, pourquoi, qui, quand, où) pour informer, le plan dialectique (thèse/antithèse/synthèse) pour les sujets complexes, ou le plan "constat-besoin-solution" pour les propositions. L'important est de choisir la structure la plus adaptée à l'objectif du discours et de la maîtriser pour clarifier sa pensée et convaincre son auditoire.
8. L'expression scénique et la poésie : libérer le corps et l'émotion.
La forme artistique permet de lever des tabous.
Le corps au service de la parole. L'expression scénique, inspirée du théâtre, est une matière essentielle pour travailler l'appropriation de son corps et la libération des émotions. Loin de viser la performance théâtrale, elle propose des exercices ludiques qui invitent les participants à jouer des rôles, à mimer, à crier ou chuchoter, exprimant des émotions qu'ils ne peuvent pas toujours verbaliser au quotidien. Cette approche par le jeu permet de :
- Lever les barrières et l'autocensure.
- Découvrir de nouvelles facettes de sa personnalité.
- Renforcer la cohésion du groupe.
La poésie, un langage universel. Le slam et la poésie offrent une approche artistique de la prise de parole, en utilisant des procédés littéraires comme les rimes, les figures de style (anaphore, métaphore, personnification, etc.) et le conte. L'objectif est de stimuler la créativité, d'imager le propos et de donner de la force aux idées. L'auteur souligne que la poésie n'est pas un art élitiste, mais qu'elle est présente dans notre quotidien (chansons, contes, expressions populaires), rendant son apprentissage accessible et ludique.
Déclamation et authenticité. La déclamation, ou l'oralisation des textes, est un aspect clé de cette matière. Elle permet de travailler le rythme, le ton et la mise en voix pour que le texte prenne toute sa puissance poétique. En s'exprimant à travers l'art, les participants se dévoilent avec authenticité, transformant leurs émotions en forces. Des exemples comme la lycéenne T. qui fond en larmes après avoir déclamé un poème sur l'amitié montrent la catharsis et la libération que peut procurer cette pratique.
9. La technique vocale et la respiration : maîtriser l'instrument de la voix.
C’est un superpouvoir que nous avons tous.
La voix, instrument principal. La voix est l'outil le plus direct de l'orateur, un "superpouvoir" que chacun possède. La technique vocale vise à faire découvrir et apprivoiser sa propre voix, à en explorer la puissance, la couleur et la flexibilité. Il s'agit d'apprendre à la moduler en fonction du discours, à la projeter pour être entendu clairement, et à en faire le vecteur de son authenticité.
Le souffle, carburant de la parole. La respiration est indissociable de la technique vocale. Une bonne oxygénation de l'appareil vocal est essentielle pour porter un discours sans effort et être audible. L'auteur insiste sur la respiration abdominale (ou ventrale), une technique qui permet de :
- Retrouver son calme en situation de stress.
- Gérer son souffle et son débit de parole.
- Ponctuer le discours avec des silences maîtrisés, rendant le propos plus intelligible.
Des exercices spécifiques aident à prendre conscience de cette respiration et à l'intégrer dans la prise de parole.
Le corps en posture. La prise de parole engage tout le corps. Une posture adéquate est cruciale pour faciliter la respiration et éviter les gestes parasites. L'orateur doit être bien ancré au sol, le dos droit, les épaules détendues, formant une "colonne d'air" où l'oxygène circule librement. Le regard, la gestuelle des mains et l'occupation de l'espace doivent être en cohérence avec le message, renforçant la crédibilité et l'impact du discours. Des exercices comme "L'échauffement vocal et corporel" ou "L'archer" aident à développer cette maîtrise.
10. L'aspiration professionnelle : aligner compétences et ambitions.
Notre rôle est de les aider à réaliser leurs rêves, sans pour autant les laisser se fracasser sur leurs illusions.
Un module essentiel pour tous les âges. Le module d'aspiration personnelle et professionnelle est conçu pour accompagner les participants, du collège à l'entreprise, dans la définition et la concrétisation de leurs objectifs. Il s'agit d'un travail d'introspection pour aligner les compétences, les traits de caractère et les envies avec le monde professionnel.
Deux axes majeurs :
- Comprendre ses compétences et objectifs : À travers des exercices introspectifs, les participants identifient leurs points forts et faibles, leurs centres d'intérêt, et leur équilibre de vie idéal. Pour les jeunes, cela peut être la projection dans le "métier de leurs rêves" ou l'identification d'un univers professionnel épanouissant.
- Formuler ses ambitions : Une fois les objectifs définis, le module aide à mettre en pratique les situations de prise de parole spécifiques au monde professionnel :
- Rédaction de CV et lettres de motivation percutants.
- Développement du réseau professionnel.
- Préparation aux entretiens d'embauche et aux "pitchs" entrepreneuriaux.
Les "soft skills", atouts majeurs. L'accent est mis sur les "soft skills" (compétences comportementales) comme la prise d'initiative, la créativité, l'empathie, la communication, la gestion du temps et le travail en équipe. Ces qualités humaines, souvent négligées par l'enseignement traditionnel, sont devenues cruciales pour l'insertion et l'épanouissement professionnel. Le formateur aide à les identifier et à les valoriser, transformant les "feux d'artifice" d'idées en "feux de cheminée" structurés et maîtrisés.
11. L'entretien : une boussole pour naviguer vers ses objectifs.
L’objectif est d’orienter au maximum les questions de l’examinateur afin de mettre en lumière les points forts de votre candidature.
La "boussole à entretien", une méthode stratégique. Pour réussir un entretien, qu'il soit scolaire ou professionnel, la préparation est clé. La "boussole à entretien" est une technique développée par l'auteur pour structurer sa pensée et orienter la discussion vers ses points forts. Elle permet de trier ses expériences et de les présenter de manière cohérente et percutante.
Les étapes de la boussole :
- Fiche structure : Rechercher toutes les informations sur l'entreprise/école (5 W), ses valeurs, le poste visé et le profil de l'interlocuteur.
- Qualités recherchées : Identifier les 4 qualités essentielles pour le poste et les adjectifs associés.
- Expériences clés : Associer à chaque qualité une expérience pertinente (professionnelle, personnelle, sportive, associative), en veillant à la diversité.
- Déroulé des expériences : Pour chaque expérience, détailler :
- Le titre.
- La description (en lien avec les valeurs de l'entreprise).
- Ce que l'on a apporté.
- Ce que l'expérience a apporté (leçons tirées, soft skills développées).
- Le lien avec le poste visé.
- Une transition vers une autre expérience.
L'introduction, votre carte maîtresse. L'introduction de l'entretien est cruciale. Elle doit durer maximum deux minutes et s'organiser en trois temps :
- Présentation de soi et de son parcours (en insistant sur les 4 expériences clés).
- Explication de la motivation à rejoindre la structure.
- Mise en avant de la synergie potentielle ("MOI + VOUS = ça fonctionne").
Cette introduction, apprise par cœur, sert de "menu" pour l'examinateur, l'incitant à poser des questions sur les sujets que le candidat maîtrise.
Gérer le non-verbal et l'imprévu. Le jour J, au-delà du contenu, le non-verbal est déterminant : tenue vestimentaire, posture, regard, gestion du stress. Il faut assumer sa vulnérabilité si nécessaire, mais aussi savoir improviser et rebondir sur les questions inattendues. L'objectif est de montrer sa congruence, sa sincérité et sa capacité à s'adapter, transformant l'entretien en un échange constructif.
12. Eloquentia : une célébration de la parole pour tous.
À Eloquentia, dès qu’on participe, on est déjà gagnant.
Une agora des temps modernes. Le concours Eloquentia, popularisé par le film "À voix haute", est l'aboutissement visible de la pédagogie "Porter sa voix". Loin d'être une simple compétition, il est conçu comme une "agora des temps modernes", un espace où chacun peut exprimer ses idées, ses convictions et sa créativité. L'aspect compétitif est secondaire, l'objectif principal étant de célébrer la prise de parole et de motiver les participants à se dépasser.
Un esprit de "compétition saine". Le concours repose sur les valeurs de respect, d'écoute et de bienveillance. Les participants, souvent issus des formations Eloquentia, développent un véritable esprit de groupe et de soutien mutuel. Un candidat éliminé n'hésite pas à encourager les autres, car la valeur réside dans le défi personnel de s'exprimer et de se surpasser, non dans l'écrasement de l'adversaire.
Diversité des expressions et des sujets. Le concours est ouvert à toutes les formes d'expression orale (plaidoirie, théâtre, poésie, slam, stand-up), sauf le chant, encourageant la créativité et l'authenticité. Les sujets, souvent philosophiques ou sociétaux, invitent à une réflexion profonde. Les jurys valorisent le fond, la qualité de l'argumentaire et la congruence de l'orateur, plutôt que la seule performance.
Conseils pour le concours :
- S'approprier le sujet : Définir les termes, explorer toutes les facettes, et choisir une position sincère.
- Structurer le discours : Utiliser un plan classique (introduction, argumentation, conclusion) avec 2-3 idées fortes, étayées par des arguments et des exemples variés (humoristiques, personnels, objectifs).
- Soigner le début et la fin : L'exorde doit capter l'attention (storytelling, punchline), la conclusion doit marquer les esprits et réaffirmer la position.
- Être son propre metteur en scène : Travailler la diction, la gestuelle, le regard, la voix et les silences. Répéter le discours à voix haute, idéalement sans notes, pour une authenticité maximale.
- Assumer sa personnalité : La sincérité est la clé de la crédibilité et de l'éloquence.
Un mouvement national. Devenu le premier concours de prise de parole francophone, Eloquentia s'étend dans toute la France, des collèges aux universités, désignant chaque année les meilleurs orateurs. C'est une invitation à réapprendre le dialogue dans un monde pluriel, en donnant une voix à une génération souvent silencieuse.
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